18 mars 2011

Trân Trong Vû

L’art du système (3)D

Trân Trong Vû serait-il le James Cameron de la peinture? On pourrait y croire, à force de lire partout que l’artiste fabrique des œuvres en trois dimensions. Pourtant, pas de nouvelles technologies ici, la démarche – pour rester dans la comparaison cinématographique – serait plus proche d’un Gondry. L’imagination au pouvoir en somme, car pour créer cette impression de 3D, Trân Trong Vû a eu l’idée simple et géniale de peindre sur des lais de plastique transparent. Suffisait d’y penser comme on dit, mais l’effet est saisissant et ouvre des possibilités de mises en scène et d’interactions avec le public assez inédites. Pour celui qui revendique haut et fort la place de la peinture dans l’art contemporain aux côtés de la photo ou de la vidéo, le propos est de donner une autre vie à un espace. En quittant les murs et en disposant ces œuvres, comme suspendues dans l’air libre, de manière à créer un trompe-l’œil permanent et labyrinthique, il invente des effets à la fois visuels et psychologiques tout en invitant le public à chercher son chemin dans une partie de cache-cache aussi ludique qu’intelligente. Car si Trân Trong Vû considère la peinture comme un moyen, et non pas un objectif, c’est que ses personnages aux sourires si systématiques et figés qu’ils en deviennent inquiétants, ont aussi une dimension politique pleine de dérision. Héritage post-communiste, fantasmes liés à l‘Asie? Le malicieux Trân Trong Vû a décidément envie de jouer avec le public.

© Nicolas Mathé
Lets Motiv n° 124/mars 2011/ Toulouse

photos © Trân Trong Vû

Site internet:

www.vietnam-artist.
www.trantrongvu.com

Défi Expo®

17 mars 2011

Benjamin Bichard

Diplômé en 2010 de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Nice, la Villa Arson , Benjamin Bichard interroge le design et la notion de décoratif à travers des propositions sculpturales singulières.

Empruntant au domaine la vie quotidienne ses objets manufacturés les plus banals, ses pièces témoignent d’un questionnement sur la place de l’art dans notre monde contemporain « globalisé » constamment orienté vers la notion de design et de décoratif.

Par des assemblages simples, après avoir acheté, accumulé en nombre et collecté divers objets identiques, il pose un regard rempli d’ironie face à la réception actuelle de l’art et au statut de l’œuvre comme accessoire décoratif.

Il revisite et refabrique d’autres formes évocatrices : Objets lointains dans sa mémoire, mobiliers de design, tapis, lustre ou encore fontaine.
Remake, parodie ou dialogue, certaines de ses sculptures se réfèrent directement à des œuvres minimalistes : ainsi « Carl Wash » composée de lavettes ménagères est une réadaptation triviale des œuvres horizontales de Carl André.

Ces « ready made » ne fonctionnent plus seulement comme des objets détournés et élevés au rang d’ œuvre d’art mais ils exhibent d’étranges relations avec les formes qui habillent nos nouveaux intérieurs stylisés.

photos © Benjamin Bichard

Défi Expo®

8 mars 2011

Bruno Michellod

Mon travail explore la nature humaine. Il porte un regard caustique sur notre société de consommation.
En vidéo, je raconte des histoires de vie en me servant d’objets mécanisés ou manipulés simplement. Les nouvelles technologies me permettent de faire réagir l’observateur et mon travail sur les séries de montrer la diversité humaine.
Le détournement d’objet et l’utilisation d’objets ou de matériaux liés à l’enfance sont, pour moi, les moyens de regarder et de parler de notre monde tout en stimulant l’imaginaire.

Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand, puis de l’École de Communication Visuelle (ECV) de Paris, je continue à suivre des formations au CRAS (Centre de Recherche en Art Sensitif) sur les technologies d’interaction en temps réel.

www.brunomichellod.com

© Bruno Michellod

Défi Expo®

4 mars 2011

Clémentine Carsberg

On peut donc ranger mes ouvrages sous l’enseigne de la sculpture, et du volume.
Les pièces sont, en général, réalisées à l’échelle 1.
La taille humaine et la grandeur nature les aident à se raccrocher au réel mais ne les empêchent pas de raser les murs sur la pointe des pieds, en toute discrétion.
Tout est à sa place comme il se doit.
Conçus généralement en fonction du lieu de présentation, ces volumes y tentent une cohérence spatiale.

Les points communs aux réalisations se révèlent être en orbite autour d’une détermination à rendre accessible et à traiter de la modestie.
L’intérieur domestique, la maison et les formes qui leur appartiennent meublent ces bricolages visiblement maladroits dans un élan d’économie.
La construction reste visible lorsqu’on s’approche.

Le carton et le papier sont essentiellement présents et suffisent aux ambitions formelles visées.
Leur légèreté et leur communauté sont des caractères non négligeables quant au sens qu’ils lèguent aux œuvres.
Une économie domestique qui affiche le caractère mnémonique du travail, en en appelant à la présence du lieu.

Le revêtement mural est le support idéal du décor feint et de l’illusoire, du trompe l’oeil annoncé. Le mimétisme obtient une bonne place dans cette recherche de confusion.

La prégnance des motifs rendant le souvenir visuel, le papier peint fait la star et permet aux assemblages de se fondre dans le décor, à la recherche d’un confort dans l’étonnement.

Le sourire est visé, au travers de l’ironie et de l’intention de faire attention à l’alentour.
© Clémentine Carsberg

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3 mars 2011

CV

CLEMENTINE CARSBERG
Née en 1981, vit et travaille à Marseille

EXPOSITIONS ET RÉSIDENCES :
2011
• «J’explose à Empalot » du 06 avril au 31 juillet 2011 à Toulouse Installation dans l’espace urbain « Ex-Poto ». Exposition organisée par l’association Entrez sans frapper.
2010
• Création scénographie de Misérables, pièce de théâtre d’après l’œuvre de Victor Hugo mise en scène Elsa Granat.
• Suivi et évolution de la scénographie J’ai plus pied.
2009
• Résidences de recherche scénographique pour le projet Misérables.
2008
• Supervues 2008, exposition collective, 3 jours à l’hôtel Burrhus, Vaison La Romaine, France.
• Parcours de l’Art, exposition collective, création d’une pièce in situ pour la Maison Jean Vilar, Avignon.
• Face à Face, résidence et exposition collective avec Ecume, création d’une pièce in situ, Marseille.
• Création d’une pièce in situ au lycée Montgrand, L’art renouvelle le lycée et la ville, Marseille.
• Création scénographie de J’ai plus pied pièce de théâtre écrite et mise en scène par Elsa Granat, prix Paris jeune talent Mise en scène, présentée à l’Espace Cardin, Paris (2008) et Avignon (juillet 2010).
2007
• Exposition collective et vente aux enchères aux Grand Bains Douches de la Plaine, Galerie Arcade, Marseille.
• Voeux d’artistes, exposition collective Maison de l’artisanat et des métiers d’art, Marseille.
• Marseille and Cow, exposition collective et vente aux enchères, Marseille.
• Biennale d’art contemporain de Cahors et Mazamet (Lot) exposition collective.
2006
• Multiples d’artistes, exposition collective, Histoire de l’Oeil, Marseille.
• A vendre exposition collective suite aux ouvertures d’ateliers, association du Château de Servières, Marseille.
• Art et récupération exposition collective Combret (Aveyron) avec l’association Symbiose.
• She is a wall flower exposition personnelle à la galerie du Tableau, Marseille.
• La Façade du devant exposition personnelle à la galerie Où, Marseille.
En mars 2006, l’aide financière du ministère de la jeunesse et des sports (concours d’engagement, Envie d’agir) a permi la réalisation des pièces destinées aux expositions personelles de la galerie du Tableau et de la galerie Où.
2005-2004 différentes expositions collectives.

FORMATIONS :
2005 Master I d’art plastique à la Faculté d’arts plastiques sous la direction d’Alain Chareyre-Méjan.
1999-2004 Beaux-arts de Marseille, Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique en mai 2004, Diplôme National d’Arts Plastiques avec la mention du jury en juin 2002.

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2 mars 2011

Alexandre Giroux

La matière de l’esprit
Alexandre Giroux fait une oeuvre d’éclatements. Sans relâche et sans prétention, il multiplie les propositions qui font vriller les présupposés des lois universelles que, bien souvent, nous acceptons telles quelles. Parce que c’est ainsi que l’on nous l’a inculqué et que nous l’avons accepté, scolairement, machinalement. Véritable élan dynamique, chaque oeuvre est un défi, non pas pour tenter de réduire par les deux bouts un système de pensée mais pour faire imploser sa puissante unité.
Au centre de sa réflexion se trouve ainsi le savoir, en tant que donnée préexistant à l’appréhension du réel, qu’il s’agit de manipuler comme on pétrirait une pâte à modeler, ou encore de remâcher comme on mastiquerait un chewing-gum. C’est dans cet élan qu’Alexandre Giroux s’est par exemple réapproprié la théorie du Big Bang en constellant la voûte bleue d’un plafond de boulettes de papier mâché, à la manière de l’écolier dispersé, de l’enfant de chœur, encore, qui rêverait de compléter les fresques étoilées de Fra Angelico.
L’œuvre d’Alexandre Giroux est en ce sens une œuvre qui contrarie toute prétention des savoirs à la profondeur. La géographie ou plus exactement la topographie sont ainsi au sens propre des matières largement révisées par l’artiste. On regardera également sa pièce intitulée Vision de Suarez Miranda, qui est la transposition échelle 1 : 1 de la photographie satellite, donc pixelisée, du lieu d’exposition de l’oeuvre, sur des carrés de moquette. La mise en abîme est manifeste et se plaît à mimer un Carl André sur les préceptes héliportés de Yann Arthus-Bertrand, même si les références absolues sont bien plutôt du côté de Jorge Luis Borges et Jules Verne. Parce que la profondeur, c’est aussi celle de la littérature, du discours, du sens et du langage que l’on attend incessamment de nous, des artistes en particulier. Une profondeur invoquée qui s’en tient trop souvent au sens figuré et qu’il s’agit clairement d’entamer par des actes poétiques. C’est ainsi qu’Alexandre Giroux a réalisé son Voyage en Chine, en perçant de part en part, d’un antipode à l’autre,
l’ouvrage Voyage au centre de la Terre pour le faire déboucher sur le fond bleuté des pages de garde.
Et même si Jules Verne est une figure admirée, l’artiste intercale, de manière tout aussi iconoclaste qu’iconophile, de nouvelles grilles de lecture aussi subjectives soient-elles. Ici, il va s’introduire, sous les traits du lecteur, dans un entretien entre Edgar Alan Poe et Charles Baudelaire ; là, il rêve de récupérer en son nom les mots de John Armleder échangés dans un entretien réalisé par Suzanne Pagé. Simplement parce que rien ni personne n’est intouchable.
Parce que le poétique ne réside pas dans l’idolâtrie des discours spécialistes et exégètes, mais bien dans leur mise à l’épreuve.
C’est ainsi qu’Alexandre Giroux trouve l’audace de briser les conventions, l’ennui qui va avec, pour s’en aller toucher les confins du monde.

Leslie Compan in Catalogue 55eme Salon de Montrouge
photos © Alexandre Giroux

Site internet de l’artiste: alexandregiroux.blogspot.com

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1 mars 2011

Morgane Le Guillan

L’œuvre de Morgane Le Guillan interpelle sur la place donnée à l’individu dans des champs de réflexion où l’être humain est déterminé par son corps biologique.
En effet, au fil des années, le corps humain gagne sans cesse en malléabilité quant à son exploitation dans des domaines aussi vastes que la politique, la biologie ou la technologie. Morgane Le Guillan imprègne chacune de ses pièces de cette inquiétante étrangeté qui pousse le spectateur à s’interroger sur les limites de son propre corps.
Elle abolit les frontières du dehors et du dedans, de la science et du fantasme, amenant le corps-chair à se retrouver affublé de lui-même par l’extraction d’unités de son organisme à partir desquelles l’artiste crée des prothèses ou des installations, mettant le regardeur face à une part de lui-même.
Morgane Le Guillan ne théorise pas le corps humain dans sa réalité. Elle le raconte autrement, au travers de divagations sensuelles et saisissantes où rien n’est figé, toujours saisi en travail tel un organisme palpitant vers un devenir encore inconnu qui séduit tout autant qu’il inquiète.

S. Dauget

Site internet de l’artiste: morgane-leguillan.fr

photos © Morgane Le Guillan

 

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